LMD : Les enjeux et les propositions de l’ANEMF

Application de la réforme LMD aux études médicales :
 
La problématique médecine :
 
A l’heure actuelle, les études médicales ne sont pas encore entrées de plein pied dans cette réforme. En effet, fortes de leurs multiples spécificités, les études de médecine ont des problématiques différentes des autres filières. Voici certaines spécificités des études médicales :
  • Les études de médecine sont composées par une formation à la fois théorique (les cours) et pratique (les stages hospitaliers). Les étudiants en médecine ont donc une double tutelle : Ministère de la Santé et ministère de l’Education nationale. Or la réforme LMD est en rapport avec l’éducation nationale. Il est donc nécessaire d’intégrer les stages hospitaliers comme une formation à part entière.
  • La régulation du nombre d’étudiant en deuxième année est fixée par le numerus clausus. Or dans les autres filières, la réforme LMD offre la possibilité à l’étudiant de s’orienter progressivement ou de se réorienter (tout en conservant une formation cohérente). Une telle possibilité de réorientation, de passerelles, dans les études médicales serait responsable d’une altération de l’équilibre démographique. Il est donc indispensable soit de limiter les possibilités de réorientation, soit de compenser les sorties par des entrées d’étudiants en cours de cursus.
  • Le cursus actuel est découpé en trois cycles (le premier de deux ans, le deuxième de quatre ans et le troisième cycle de trois ans minimum). Or le cursus type est défini de la manière suivante : licence en trois ans, master en deux ans puis doctorat. Cette maquette ne peut pas s’appliquer stricto sensu aux études de médecine et nécessite des aménagements.
Compte tenu de toutes ces spécificités, il est légitime de se demander pourquoi entrer dans la réforme et de quelle manière.
 
Pourquoi entrer dans la réforme : les avantages du LMD
 
Les étudiants en médecine ont affirmé tout au long de l’année leur volonté d’entrer dans la réforme pour différentes raisons :
  • Ne pas être exclus d’une réelle uniformisation des cursus européens
  • Faciliter la mobilité européenne et la reconnaissance des diplômes au niveau international. En effet, grâce aux crédits ECTS et aux unités d’enseignement, un étudiant pourra suivre une partie de son cursus dans une autre université sans problèmes de lisibilité de formation.
  • Permettre aux étudiants de quitter la filière médicale avec un réel diplôme et faciliter la réorientation si nécessaire. En effet, à l‘heure actuelle, un étudiant en médecine souhaitant se réorienter au cours de son cursus ne peut pas le faire car il n’a pas de diplôme et donc pas d’équivalences.
  • Avoir la possibilité de diversifier et de personnaliser son enseignement. Grâce aux UE optionnelles ou libres, les étudiants pourront personnaliser leur formation dans d’autres composantes de l’université.
 
Comment entrer dans la réforme : les propositions de l’ANEMF
 
Tout au long de l’année l’ANEMF s’est réunie en groupe de travail pour faire des propositions pour la mise en place la réforme LMD dans le cursus médical. Voici quelques propositions.
 
Concernant la licence :
  • Intégration du cursus médical dans la réforme LMD dès le niveau licence afin de faciliter les passerelles entre différentes filières, la mobilité européenne et la diversification de la formation.
  • Cette licence correspondrait au trois premières années du cursus actuel.
  • La sortie d’étudiants du cursus au niveau licence pour se réorienter doit être compensée par une entrée d’étudiants provenant d’autres filières avec un niveau licence.
  • Une piste de réflexion concernant l’entrée des étudiants dans la filière médicale au niveau licence pourrait être la suivante : examen écrit d’admissibilité suivi d’un oral d’admission.
 
Concernant le master recherche :
 
L’intégration du master recherche aux études médicales est plus à l’ordre du jour dans les différentes universités que la licence et le master professionnel. En effet, il semble plus adaptable au système actuel et intègre d’autres filières (autres filières de santé, sciences).
 
  • Adaptation par rapport au système actuel :
    • En ce qui concerne le M1 : les 60 premiers crédits seraient obtenus par l’équivalent de deux certificats de MSBM. Ces crédits pourraient donc être obtenus lors de la P2 et de la D1 (ou ensuite) en parallèle à l’enseignement actuel.
    • Pour le M2 : il pourrait être obtenu avec l’équivalent « d’un DEA » à l’heure actuelle. Il serait possible de faire son M2 si on le souhaite entre sa D1 et sa D2, ou lors de son internat.
  • En ce qui concerne les modifications pédagogiques par rapport au système actuel, deux points nous paraissent essentiels :
    • Une amélioration de l’information sur la recherche en général, sur le but de cette formation et les carrières hospitalo-universitaires, et les orientations pédagogiques sur les parcours types.
    • Une cohérence et/une unité pédagogique entre le M1 et le M2 ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle.
Concernant le master professionnel :
 
  • L’ANEMF est favorable à un master professionnel pour tous les étudiants validant un DCEM.
    • Les étudiants en médecine pourraient alors entrer de plein pied dans la réforme LMD et profiter des avantages qu’offre cette réforme : mobilité européenne, diversification du cursus (par des UE optionnelles) et équivalences si l’étudiant souhaite se réorienter vers des carrières en lien avec la médecine (par exemple le journalisme médical, le droit médical, les carrières dans les laboratoires pharmaceutiques…)
    • Un master professionnel serait alors le diplôme de fin de deuxième cycle prévu par les textes de lois mais qui n’existe pas pour le moment. Ce diplôme reconnaîtrait alors le côté professionnalisant de notre formation. 
  • Concernant l’offre de formation, les points suivants nous paraissent importants :
    • L’offre de formation doit toujours permettre à l’étudiant qui le souhaite de suivre des enseignements purement médicaux. Inversement, un étudiant pourrait suivre d’autres UE en rapport avec son projet professionnel dans d’autres composantes de l’université (droit, gestion …)
    • L’apprentissage des langues vivantes doit être amélioré. 
  •  Néanmoins, l’ANEMF s’interroge sur les conséquences que pourraient avoir les réorientations sur la régulation de la démographie médicale. Ce phénomène reste difficile à appréhender mais pourrait prendre des proportions importantes au cours des prochaines années. La problématique des passerelles sortantes et entrantes est débattue.
Conclusion
 
La mise en place de la réforme LMD avance plus rapidement dans les autres filières que dans la filière médecine. Convaincue des bénéfices que pourrait engendrer cette réforme, mais vigilante sur certaines de ces conséquences, l’ANEMF travaille à son application lors de ses congrès avec les étudiants en médecine mais également avec les autres filières et avec les autres pays européens.