Postes d’internes : pourquoi l’augmentation des postes de spécialités risque de ralentir
Il faut le reconnaître la médecine générale rentre au panthéon des spécialités d’internat avec la mise en place des Epreuves Classantes Nationales, mais pourtant elle ne semble pas séduire nombre d’étudiants. Pendant longtemps, l’attractivité de la médecine générale résidait de la non obligation de passer le concours d’internat, mais qu’en est-il aujourd’hui ?
Il faut absolument voir disparaître la dualité spécialité, et médecine générale, elle n’a plus lieu d’être. La médecine générale est une spécialité au même titre que les autres et doit être reconnue comme telle. La question qui revient souvent surtout autour de la polémique des candidats au concours d’internat, est le nombre de postes pour les spécialités hors médecine générale. Le système de santé français repose sur deux piliers une médecine générale développée et les spécialités diverses. Les modéles de médecine de premier, deuxième et troisième recours ne sont que timides dans notre système de santé, la réforme de l’assurance maladie peut imposer ce mode de fonctionnement, le médecin généraliste, les gynécologues et pédiatres pour être des médecins de premier recours et aiguiller le patient vers les autres spécialités ensuite, l’accès direct aux spécialistes étant ainsi rendu plus difficile. En quelque sorte, le rôle central du médecin généraliste risque de se développer.
Les spécialités médicales et chirurgicales sont en pleine période de crise, les pouvoirs publics ont trop attendu et réagissent alors dans l’immédiat, en augmentant de manière considérable la proportion des postes offerts pour ces spécialités, pour les ECN, ce sont près de 57 % des candidats qui obtiendront une spécialité autre que la médecine générale. Certaines études démographiques, et certains disent qu’un bon système de santé doit se reposer sur 60 % de médecins généralistes, et 40 % d’autres spécialistes, on voit bien là que ça n’est pas la direction prise actuellement. Malheureusement, en pansant les blessures des spécialités sur le plan démographique, on risque de précipiter la médecine générale dans la crise démographique plus rapidement, et afin de poursuivre la repopulation des autres spécialités ce n’est que tardivement qu’on se mettra à penser à la médecine générale.
On peut craindre alors un grand changement de cap, c’est déjà ce que demande les puissants syndicats de médecins généralistes. En calir demander aujourd’hui à tout prix une forte augmentation des postes de spécialités, c’est condamner les plus jeunes, qui verront impuissants la tendance s’inverser. Il est clair que l’effort consenti par la médecine générale, pour permettre de repeupler les spécialités devra un jour être rendu.
De plus, un autre danger guette la médeine générale, la juste reconnaissance universitaire de la médecine générale par un diplôme d’études spécialisées, va permettre aux étudiants de rattraper les cursus d’autre spécialités grâce aux diplômes d’études spécialisées complémentaires, qui pour certains aboutiront à une totale reconversion de l’interne. Il est déjà aujourd’hui difficile de savoir combien de médecins généralistes ont une activité réelle en médecine générale et libérale, qu’en sera-t-il demain ?
En résumé ne soyons pas aujourd’hui trop exigeants car demain, le vent démographique nous rattrapera, et la tendance actuelle pourrait s’inverser d’un coup d’un seul sans prérenir, et nous n’aurons aucun argument pour éviter les cahngements de cap incessants entraîner par des prises de conscience sans arrêt trop tardive, et toujours effectuées dans l’immédait lorsque le danger nous guette...
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