5. Réponses

V. Réponses

La pandémie est actuellement à un stade précoce de son évolution et de nombreux pays n’ont pas encore été substantiellement touchés.

1. Réactions de l’OMS

Le 11 juin, l’OMS a déclenché l’alerte maximale, soit le niveau 6, sur son échelle des risques pandémiques de grippe. Cette décision a été prise sur la base de l’expansion géographique de la maladie et non sur l’évolution de la gravité Cela signifie que plusieurs continents sont touchés par un nouveau sous-type de virus résultant d’une modification génétique. Cette échelle vise à coordonner au mieux les actions nationales et internationales et elle n’est aucunement liée à un degré de dangerosité ou de virulence du virus. Actuellement, l’OMS considère la gravité globale de la pandémie grippale comme modérée. Cette évaluation modérée résulte des observations suivantes :

  • La plupart des personnes touchées se sont remises de l’infection sans nécessiter d’hospitalisation ou de soins médicaux.
  • Globalement, les niveaux nationaux de morbidité grave due à la grippe A(H1N1) semblent similaires à ceux observés localement pendant les périodes de grippe saisonnière, même si des niveaux élevés de morbidité sont apparus dans certains établissements et zones localisées.
  • D’une manière générale, les hôpitaux et les systèmes de soins de santé de la plupart des pays ont été en mesure de faire face aux nombres de personnes à soigner.

Au cours de la phase 6 (pandémie), on passe des mesures de préparation à une action à l’échelle mondiale. Les mesures recommandées au cours de ces phases ont pour objectif de réduire les effets de la pandémie sur la société.

2. Réactions du gouvernement français

Chaque pays restant libre d’adapter les mesures pour faire face à la pandémie, la France a décidé, pour l’heure, de ne pas suivre l’OMS et de maintenir son alerte au niveau 5.

Les autorités françaises se préparent à la possibilité d’une pandémie à la rentrée avec un éventuel passage en niveau 6 à partir de 70 cas par 100.000 habitants en métropole : « Il est très probable que le début de l’automne verra une circulation beaucoup plus active du virus [...] Il y aura la rentrée scolaire avec les enfants, dont le mode de vie est un facteur de propagation du virus, donc il est probable que nous passerions au niveau 6 au niveau de la rentrée scolaire du mois de septembre, mais rien n’est encore certain », a annoncé mi-juillet la Ministre de la Santé . « Il nous faut regarder avec beaucoup de soin comment la grippe évolue, où nous en serons », a-t-elle ajouté.

Le niveau 6 du plan français de prévention et de lutte pandémie grippale, niveau d’alerte maximal, propose tout un catalogue de mesures parfois drastiques, comme la fermeture des écoles, sans pour autant qu’elles entrent en vigueur systématiquement (cf mesures de la phase 6).

 

a.Situation épidémiologique en France

En France métropolitaine, la circulation du virus est avérée mais reste limitée (bulletin épidémiologique grippe A(H1N1) du 25 aout 2009, INVS). “Du 17 au 23 août 2009, l’incidence des consultations pour grippe clinique reste inférieure au seuil épidémique » et « le recours aux urgences hospitalières pour grippe clinique a légèrement augmenté par rapport aux données des semaines précédentes ». La maladie reste donc à ce jour bénigne chez la plupart des patients, guérissant en une semaine sans traitement médical.

Depuis le 23 juillet, les personnes présentant des symptômes évocateurs de la grippe doivent contacter leur médecin traitant, qui évalue leur état de santé et décide de la conduite à tenir. Seuls les patients atteints des formes graves et les enfants de moins de un an sont directement pris en charge en milieu hospitalier.

L’épidémie progresse, en revanche, fortement dans l’ensemble des territoires français de l’océan Pacifique (Nouvelle-Calédonie, Polynésie française et Wallis-et-Futuna), actuellement en hiver austral. La secrétaire d’Etat chargée de l’Outre-mer Marie-Luce Penchard a annoncé le 27 août que 100.000 cas de grippe A(H1N1) avaient été recensés en Outre-mer, dont 10 mortels. Des renforts médicaux et une équipe d’épidémiologistes ont été dépêchés sur place. Ils vont évaluer cette épidémie au sud qui pourrait bien préfigurer les prochains événements dans l’hémisphère nord.

 

b.Stratégie vaccinale adoptée par le Gouvernement Français

La France a préempté 94 millions de doses de vaccins auprès de trois industriels. Les premiers vaccins viennent d’arriver en quantités limitées, a expliqué la ministre de la santé le 27 août. Elle s’est refusée, « pour des raisons de sécurité », à donner des précisions sur le nombre de doses fournies, insistant sur le fait qu’« il n’est pas question d’administrer (les vaccins) sans autorisation de mise sur le marché ». « Nous disposerons de plusieurs millions de doses à la mi-octobre, période où les autorisations de mise sur le marché seront délivrées », a-t-elle ajouté. « Le plan de vaccination gratuite contre la grippe H1N1, (...), devra pouvoir être activé par les préfets dès le 28 septembre. « La décision finale de déclenchement ne sera prise que si la situation et les préconisations des experts le justifient ».

La vaccination, dont la ministre de la santé Roselyne Bachelot a plusieurs fois indiqué qu’elle ne serait pas obligatoire, devrait pouvoir « être offerte à toute la population sur une période de quatre mois ». Pendant cette période, les français recevront des bons de vaccination envoyé par l’Assurance maladie. La définition des personnes prioritaires « est en cours », selon la circulaire. Le Haut conseil de la santé publique devrait donner son avis le 3 septembre.

Le plan prévoit une vaccination en deux doses avec une traçabilité individuelle des personnes vaccinées. Les centres de vaccination « spécialement créés pour l’occasion » seront installés dans des gymnases ou salles polyvalentes et non dans des établissements de santé, pour ne pas gêner leur fonctionnement. Les personnels de santé hospitaliers seront vaccinés sur leur lieu de travail. Il y aura un centre pour au maximum 100.000 habitants. Chaque centre disposera d’au moins une équipe de vaccination, avec trois agents vaccinateurs et la présence d’un médecin ou d’un infirmier. Chaque équipe « devra être en mesure de vacciner de l’ordre de 15.000 personnes sur quatre mois ». Des centres « de grande capacité » pourront assurer en quatre mois la vaccination complète de près de 100.000 personnes.

Les préfets auront également à charge de recenser « les ressources humaines mobilisables au niveau départemental ». Ce terme recouvre notamment les professionnels de santé « de plein exercice » (médecins, internes en médecine, infirmières diplômées d’Etat), ceux placés sous la responsabilité d’un professionnel de plein exercice (étudiants en médecine et étudiants infirmiers). Ces deux catégories de personnels sont habilitées à pratiquer l’injection vaccinale.

Si leur recrutement se fait sur la base du volontariat, ils seront placés dans le cadre d’une réquisition, ce qui a entre autres pour effet de couvrir leur responsabilité civile professionnelle.

 

c. Communication

Des bulletins épidémiologiques sont régulièrement publiés sur le site de l’Institut de Veille Sanitaire. Le site du ministère de la Santé met aussi des circulaires d’information à dispositions des particuliers et des professionnels de santé.

Des spots « stop aux virus de la grippe » seront diffusés jusqu’au 25 septembre : http://tempsreel.nouvelobs.com/actu...).

L’INPES a également lancé une campagne de communication par affiches et brochures, pour plus d’informations : www.inpes.fr

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