Le conseil d’administration de l’Association Nationale des Etudiants en Médecine de France (ANEMF), réuni ce week-end à Paris, vient de se prononcer contre la première année des études de santé (PAES) telle qu’elle est proposée dans le rapport Debouzie, remis aux ministres en charge de l’Education nationale et de la Santé.

Après plusieurs mois de travail au sein de la commission pédagogique nationale de la première année des études de santé (CPNPAES), les administrateurs de l’ANEMF ont mis le doigt sur les nombreuses failles du projet de réforme de la première année ; les remarques ont été effectuées en analysant chacune des 15 propositions.

Par exemple, l’ANEMF s’oppose à l’intégration de 14 filières de santé en une année commune. Les objectifs de cette réforme étaient d’offrir une culture commune aux professions de santé, mais cette culture commune se limiterait à une année de cursus, année de compétition acharnée peu propice à la rencontre. Comment parler de culture commune, lorsque l’on sépare deux voies de concours, l’une scientifique, l’autre de sciences humaines ? Que dire d’un travail qui appelle 14 filières de santé à se réunir, généré par une commission dans laquelle seulement 7 filières ont été représentées ? Et que dire de la qualité de la pédagogie, avec des facultés qui verraient tripler leurs effectifs en première année ? L’ANEMF veut attirer l’attention sur la déshumanisation du cursus face au grand nombre et sur les difficultés mobilières de l’accueil des étudiants alors qu’une dizaine de facultés sont à reconstruire.

Concernant le gâchis humain généré à l’heure actuelle par les premières années de disciplines médicales et paramédicales, cette réforme ne l’éviterait en rien ; en effet, en cas d’échec après deux ans de PAES, un étudiant réduirait fortement ses possibilités d’accès aux métiers de santé. L’ANEMF est consciente de la nécessité d’offrir une reconversion des étudiants collés par les affres du numerus clausus, mais pas nécessairement dans le domaine de la Santé. Ce projet de PAES semble de plus favoriser les choix par dépit alors qu’elle voulait les bannir.

Enfin, l’ANEMF doute de la faisabilité pédagogique, logistique et financière, et ne désire plus suivre cette voie qui au cours du temps n’a su que se complexifier. L’ANEMF revient sur ses propres années de travail, mais cette PAES a complètement dépassé le cadre fixé, et ne répond plus aux objectifs. Il est encore temps d’arrêter. En s’opposant fortement à ce projet, l’ANEMF ne cherche pas à mettre fin à toute réforme, seulement la PAES " version Debouzie " est à côté de la plaque

Par ailleurs, l’ANEMF continue de soutenir l’universitarisation de certaines filières paramédicales, qui aurait pu leur être apportée par cette PAES, mais qui pourra tout aussi bien s’obtenir par un projet de réforme mieux abouti. L’ANEMF poursuit sa réflexion et n’abandonne pas ce grand chantier qu’est la réforme d’une année de concours difficile, la fameuse PCEM 1.