Les étudiants en médecine s’indignent des propos du Dr. Pelloux, pour qui, dans son intervention dans le Quotidien du Médecin daté du 5 septembre 2003, les étudiants " ne se sont pas sentis du tout concernés " pendant la période de canicule. Que sont donc devenus les étudiants en stage et de garde dans les services d’urgence, qui ont souvent doublé leur temps de travail pour aider le reste des services face à cette catastrophe ? Que faire également de ces étudiants, qui ont pallié encore comme chaque année au manque estival de personnel soignant, en effectuant des remplacements de brancardiers, d’aides-soignants, d’infirmiers et voire même d’internes ? En tant que futurs médecins, ils ont accompli leur tâche !

Il ne faut pas oublier que les étudiants en médecine ne sont que des étudiants et sont encore là pour apprendre, été comme hiver, grand froid comme canicule. Mais malheureusement, dans certaines conditions, il leur est bien souvent demandé d’aller au-delà de leurs compétences et de leurs responsabilités.

Après une telle catastrophe sanitaire et sociale, comment préférer accuser ses confrères et futurs confrères ? Il serait plus judicieux de se mettre autour d’une table, d’essayer enfin de réfléchir une bonne fois pour toutes sur les moyens d’améliorer un système de santé qui continue de montrer ses failles depuis plus d’une vingtaine d’années, notamment à grands renforts de numerus clausus étriqué et de concours d’internat dont on a pu constater les dommages, avec la pénurie annoncée de médecins et une démographie déséquilibrée.

Les étudiants sont tout à fait disposés à participer à une réflexion dans le but de mieux définir leur rôle dans l’organigramme du système de santé, et ainsi améliorer leur efficacité dans de telles situations d’urgence sanitaire.