En cette fin d’année 2003 lourde pour la Santé, du personnel hospitalier a encore été agressé, beaucoup de services d’urgence ont été surchargés, certains ont même dû fermer leurs portes. Le monde hospitalier est en crise, et on ne manque pas d’en parler.

La situation va-t-elle s’améliorer pour autant ? Pas si les choses restent en l’état… Malheureusement, les temps d’attente trop longs pour les patients dans les services d’urgence (!) risquent de se généraliser, voire de se rallonger encore. La faute à qui, à quoi ? Nous ne reprendrons pas un argumentaire repris par beaucoup, mais du point de vue des étudiants, on ne peut que constater aujourd’hui les méfaits de l’instauration d’un numerus clausus qui fait qu’aujourd’hui, on manque d’internes dans les hôpitaux. Et cela ne va pas s’arranger avant plusieurs années.

Pour autant, on continue de voir dans la presse la référence à cette fameuse lettre ouverte à Jean-François Mattéi, écrite par plusieurs praticiens parisiens, et réclamant, outre l’augmentation du numerus clausus, la généralisation de la durée de l’internat à 5 ans. A qui pense-t-on avec une telle proposition ? Aux malades ? Peut-être. Aux médecins ? Oui, la charge de travail des seniors s’en trouverait allégée. Aux étudiants ? Sûrement pas.

On passerait donc à 11 ans d’études. Nous disons bien d’études, l’interne est un étudiant qui perd les avantages liés à son statut d’étudiant, et qui n’a pas tous les avantages du salarié de service public, avec une rémunération qui n’est pas à la hauteur du travail fourni et des responsabilités prises.

Il n’est donc pas acceptable pour les étudiants qu’une telle mesure puisse être prise en considération. Les étudiants en médecine d’aujourd’hui auront à faire face à une pénurie médicale bien plus grave dans les années à venir (on parle de 7000 à 9000 départs en retraite pour une arrivée sur le marché du travail de 3500 nouveaux médecins), il n’est pas tolérable qu’on puisse se permettre de proposer d’allonger encore la peine de leurs études, mesure qui de plus ne résoudrait en rien les problèmes de fond du service public hospitalier.

Les étudiants ne sont pas les bêtes de somme de l’hôpital, d’autres propositions existent.