Mardi 31 décembre 2014, le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche a fait parvenir aux Universités disposant d’une UFR de médecine une note relative à l’organisation des ECNi. Cette note réunit un certain nombre d’engagements. Elle fait suite aux demandes répétées de l’ANEMF de pouvoir disposer dans les plus brefs délais d’informations clairs sur l’épreuve qui se déroulera en 2016.

La réflexion autour de la réforme des ECN vise à palier aux défauts de l’épreuve actuelle : une faible discrimination, un format qui incite fortement au bachotage, une épreuve qui évalue mal les compétences réelles des étudiants,... L’objectif du projet ECNi est de pouvoir proposer un examen plus proche de la réalité, plus discriminant et plus varié.
La mise en place des ECNi a été officialisée par Marisol Tourraine, Ministre des Affaires Sociales et de la Santé, au Colloque de Printemps de l’ANEMF organisé à Tours le 23 Mars 2013. L’annonce a été confirmée en février 2014, après que les ministères aient réalisé une étude complète de faisabilité. Les premières ECNi se tiendront en 2016.

Deux groupes, auxquels l’ANEMF est intégrée, sont chargés de suivre la mise en place :

      • Un groupe réunissant nos deux ministères de tutelles (Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche ; Ministère de la Santé), chargé des aspects logistiques de la réforme (calendrier de mise en oeuvre, salles d’examen, tablettes, logiciels informatiques, …).
      • La CPNES (Commission Pédagogique Nationale des Etudes de Santé), chargée d’établir le cahier des charges de la docimologie de l’épreuve de 2016. Conseil Pédagogqiue National des Etudes de Santé s’occupant de la réforme docimologique des épreuves qui a eu sa dernière réunion en mai et a validé la docimologie des ECNi.

>> Sur la docimologie de l'épreuve...

La docimologie communiquée aux étudiants depuis plusieurs mois et utilisée par les facultés pour leurs examens blancs est celle définie au sein de l’équipe SIDES. Si cette docimologie est unanimement reconnue par les Doyens et par les étudiants, elle n’a en revanche jamais été validée par le Ministère. Cette docimologie “validée par les facultés” comportait :

      • Des Dossiers Cliniques Progressifs (DCP) de 15 questions, chacune composée de QCM à 5 items et deux QROC maximums.
      • Une épreuve de Lecture Critique d’Articles (LCA) comportant 2 textes de chacun 15 questions au format QCM.
      • 120 Questions Isolées au même format que les DCP.
      • Des Tests à Concordance de Scripts (TCS).

La CPNES, placée sous la responsabilité du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, a pris la décision de valider une docimologie différente qui comprend :

      • Des DCP de 15 questions, chacune composée de QCM à 5 items et de QRS (Questions à Réponses Séquentielles, prévues pour 2017 au plus tôt).
      • Une épreuve de LCA comportant 2 textes de chacun 15 questions au format QCM.
      • 120 Questions Isolées au même format que les DCP.
      • Pas de TCS.

Cette docimologie, bien qu’elle n’ait été validée ni par les Doyens, ni par les étudiants, a finalement été retenue par les ministères pour l’épreuve de 2016.

>> Sur les ECNi blanches...

Initialement prévues en novembre 2015 et en février 2016, les ECNi blanches ont vu leur organisation remise en cause par un retard pris dans la création de la plateforme d’examen. Si l’ANEMF a obtenu des engagements financiers des ministères pour que ce retard ne remette pas en cause l’épreuve de 2016, le décalage du calendrier initial a provoqué un décalage des épreuves blanches. Le calendrier prévisionnel serait donc :

      • décembre 2015 ou janvier 2016 : 1ère épreuve blanche.
      • mars 2016 : 2ème épreuve blanche.
      • fin mai/début juin 2016 : ECNi.

L’ANEMF a par ailleurs insisté pour que les ECNi blanches donnent lieu à la publication d’un classement, les ministères y étant à l’origine défavorables pour des raisons juridiques.

>> Sur les mesures transitoires...

Le ministère n’a pas voulu permettre la mise en place de mesures transitoires pour les étudiants redoublants qui passeraient de l’ECN papier à l’ECNi. Pour ces étudiants, l’ANEMF défend la possibilité d’accéder en 2016 à une épreuve papier, sur le même modèle que la transition qui avait été organisée au moment de la mise en place des ECN. A ce stade, rien n’est prévu pour les DCEM 4 qui redoubleront en 2015 et repasseront l’épreuve en 2016.

En 2004, au lancement des ECN, le ministère avait permis aux étudiants redoublants au moment de la réforme de passer l’épreuve sous le format qu’ils avaient travailler. Il y avait donc, la même année, deux ECNs :
    • un pour les doublants ayant travaillé l’ancienne modalité.
    • un autre pour les DCEM 4 de la réforme.
Cela avait donné lieu a deux listes de choix de poste d’internes. La liste de choix proposée aux étudiants redoublants avaient été déterminée à partir d’une étude statistique des résultats des non-redoublants, dont l’objectif était de prévoir à quel rang de classement (et donc à quel choix de poste) les redoublants auraient eut accès s’ils avaient été intégrés dans la liste générale.

 

L’exemple de 2004 prouve qu’avec la mise en place de 2 épreuves distinctes et de 2 classements distincts, l’analyse statistique garantit l’égalité des candidats.
Le principe est le suivant : d'une année sur l'autre, la répartition des étudiants selon leur note est très sensiblement la même. Autrement dit, la note d'un étudiant à l'ECN permet de prédire approximativement son classement.
Par conséquent, l’analyse statistique permettrait de déterminer le classement que les quelques redoublants ayant passé une épreuve papier auraient eut s’ils avaient passé l’examen avec 8000 autres étudiants. Ces étudiants, classés sur une liste à part, se verraient offrir une liste de postes distincte mais construite en fonction de la liste principale.

>> Sur la logistique du jour J…

Le ministère a rappelé que l’examen pourra se dérouler directement dans les Universités. Elles sont invitées à mettre à disposition des salles, qui seront homologuées sur la base d’un cahier des charges. Les Universités seront responsables de la bonne tenue des épreuves : en cas de recours, la possibilité pour le ministère de se retourner contre elle les inquiète fortement. Le Centre National de Gestion (CNG) fournira les tablettes. Les UFR qui disposeraient de tablettes homologuées sont invitées à se rapprocher du CNG pour envisager un prêt : à ce stade, cela reste encore très théorique.
Les ECNi se dérouleront sur six demi-journées, soit 3 jours. La première demi-journée est réservée à l’organisation logistique de l’examen (vérification des installations, test des tablettes, …). Le reste de la semaine est bloqué pour permettre le décalage d’une épreuve, si toutefois elle devait être annulée. 

>> Sur la docimologie…

Par cette lettre, le ministère s’engage sur une docimologie définitive pour l’épreuve de 2016. Elle comportera :

  • 18 Dossiers Cliniques Progressifs composés de 15 questions, chacune contenant exclusivement des QCM à 5 items. Chaque dossier vaut autant de points, l’épreuve comptant pour 70% de la note finale et se déroulant sur trois demi-journées.
  • une épreuve de LCA basée sur 2 textes en français, composés chacun de 15 questions progressives au format QCM à 5 items. Un article traitera de l’orientation clinique et le second de l’orientation physiopathologique. Chaque article vaut autant de points, l’épreuve comptant pour 10% de la note finale et se déroulant sur une demi-journée.
  • 120 Questions Isolées au format QCM à 5 items, portant sur une partie du programme différente de celle des DCP. L’épreuve compte pour 20% de la note finale et se déroule sur une demi-journée.

La lettre évoque des pistes d’évolutions pour les épreuves qui se dérouleront après 2016 :

  • l’introduction d’un ou de deux de textes en anglais en LCA.
  • l’introduction de Questions à Réponses Séquentielles.
  • les Tests de Concordance de Scripts ne seraient par contre pas intégrés.

>> Sur les ECNi blanches...

Les dates exactes des ECNi blanches ne sont pas fixées. Les périodes envisagées sont les suivantes :

  • décembre 2015 ou janvier 2016 pour la 1ère ECNi blanche.
  • février ou mars 2016 pour la 2ème ECNi blanche.

Les sujets seront tirés au sort sur la banque officielle du ministère, utilisée pour l’épreuve réelle. Si les épreuves se déroulent correctement et si les moyens techniques le permettent, un classement indicatif sera publié.
A ce stade, rien ne garantit que la première épreuve blanche comportera autant de questions que l’épreuve réelle. Le retard pris sur le calendrier initial a remis en cause cette possibilité : l’ANEMF demandera à ce qu’une épreuve complète soit organisée au plus tôt.

Cette note est importante : pour la première fois, le ministère prend des engagements concrets sur la docimologie et sur l’organisation logistique de l’épreuve de 2016. Pour autant, des éléments restent en suspens.

>> Quelles conditions pour l'épreuve ?

L’accréditation des salles d’examen et des tablettes est urgente. Les Universités doivent être en mesure, dans les plus brefs délais, de tout mettre en oeuvre pour que l’épreuve de 2016 se passe sans encombres (stabilité du réseau, aménagement des salles, organisation du jour J, …).

Le prêt de tablettes par les UFR, s’il devait avoir lieu, devra respecter un cahier des charges strict : il ne serait pas tolérable, par exemple, que des étudiants soient mis en difficulté par un matériel trop vieux, mal chargé, ...

L’ANEMF se montrera particulièrement vigilante sur ces éléments, qui constituent pour tous les étudiants une source d’inquiétude et qui ne doivent pas mettre en péril le bon déroulement de l’ECNi.

>> Une docimologie à compléter

La présence d’iconographies, qui est l’un des fondements de la réforme ECNi, doit être définitivement entérinée. L’ANEMF veillera à ce que la plateforme ECNi du ministère puisse accueillir les différents types d’imagerie médicale
Le barème évoqué par les ministères est une première ébauche : il doit être affiné. L’ANEMF demandera à ce que le barème de chaque question et les éventuelles pondérations soient clarifiées dans les plus brefs délais
Enfin, l’abandon des TCS et des QROC (dont la présence avait été évoquée pour 2016) est inacceptable. Les ECNi, s’ils devaient restés sous ce format au fil des années, auraient raté leur objectif premier : proposer une véritable révolution pédagogique de l’ECN. L’ANEMF mettra tout en œuvre pour que des évolutions docimologiques voient le jour dès 2017, et insistera pour que les formats ayant été testés et approuvés au sein des facultés (QROC) soient intégrés dans l’épreuve nationale. Le Ministère, en proposant d’introduire des QRS dès 2017, nie une réalité simple : une épreuve qui n’est connue de personne et qui n’a été testée nul part ne peut pas être utilisée pour classer plus de 8000 étudiants en médecine.

>> Quelles modalités pour les premières ECNi blanches ?

A ce stade, la date précise de la 1ère épreuve blanche n’est pas connue, et rien ne garantit qu’elle sera complète.
Pourtant, les épreuves blanches sont essentielles : elles garantissent la stabilité de la plateforme pour 2016, et permettent aux étudiants de mieux appréhender l’épreuve finale.

>> Et les mesures transitoires ?

La note transmise par le ministère ne mentionne à aucun moment les mesures transitoires. Parce qu’elle considère que cette question est centrale pour garantir l’égalité des chances, l’ANEMF demandera à ce que des dispositions spécifiques soient prévues pour les redoublants de 2015.

Vous retrouverez sur le site anemf.org toutes les informations sur les ECNi 2016. Pour tout renseignement ou pour faire remonter vos demandes, n’hésitez pas à :

  • contacter le bureau de l’ANEMF par mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
  • contacter ou aller voir votre association locale.