Paris, le 13/01/2015

Ce lundi, l’ANEMF a rencontré la ministre Marisol Touraine aux côtés du Front Généraliste. A moins de trois mois de l’examen du projet de loi de santé au Parlement, cette rencontre marque le début d’une nouvelle phase qui doit permettre de ramener au coeur du débat les problématiques et les attentes des futurs professionnels de santé.

En présence des représentants des syndicats et des sociétés savantes de la spécialité, l’ANEMF a dressé à la ministre l’état des lieux d’une formation à la médecine générale plus que jamais fragilisée par des années d’attentisme politique.

Le stage de second cycle en médecine générale, obligatoire depuis 1997, en est le plus triste étendard. Alors que Marisol Touraine avait fait de sa généralisation un engagement majeur du Pacte “Territoire-Santé” de 2012, les chiffres à n+2 plafonnent. Aujourd’hui encore, 4 étudiants en médecine sur 10 choisissent leur future spécialité sans avoir ni découvert, ni pratiqué la médecine générale. Alors que le recrutement des Maîtres de Stage Universitaires (MSU) est plus que jamais bloqué et alors qu’une vague massive de départ à la retraite est à prévoir, l’ANEMF demande le lancement immédiat d’une concertation sur l’attractivité du statut de MSU. Faute de cela, les efforts consentis jusqu’ici pour installer la médecine générale au coeur de la formation médicale auront été vains.

Signe de la place secondaire accordée à la spécialité dans nos Universités, le taux d’encadrement en médecine générale est 10 fois inférieur à celui des autres spécialités. Les conséquences de cette carence sont concrètes : le développement d’un enseignement en médecine générale au cours du second cycle est impossible, et l’encadrement des 14 000 internes en médecine générale est fragilisé. A l’heure où la loi prétend accélérer le virage ambulatoire, l’ANEMF exige que la montée en puissance de la Filière Université de Médecine Générale constitue pour ses ministères de tutelle une priorité absolue.

En vérité, la situation spécifique de la médecine générale reflète les maux d’un système de formation résolument tourné vers l’hôpital. Alors que la pratique en ambulatoire concernera à terme plus de 50% des étudiants, la possibilité de découvrir l’exercice en ville est verrouillée.

Ce fossé toujours plus grand creusé entre la formation dans les facultés et la réalité de la pratique médicale n’est pas sans conséquences. Les futurs médecins sont près de 90% à redouter leur exercice professionnel, et les chiffres de primo-installation en ville s’effondrent. Au terme d’un cursus qui donne à la formation pratique une place prépondérante, la difficulté croissante des jeunes à s’intégrer dans le monde professionnel appelle des réponses. L’ANEMF demande des mesures fortes en faveur de l’installation, seules à même de donner aux futurs professionnels les moyens d’exercer et d’assurer durablement la qualité de la prise en charge.

Pour faire renaître l’envie d’exercer en ville, Marisol Touraine doit entendre et répondre aux attentes exprimées par les étudiants en médecine. Alors que les charges administratives représentent aujourd’hui jusqu’à 20% de l’activité dans un cabinet, les jeunes aspirent au contraire à optimiser le temps médical. A ce titre, l’annonce de la généralisation du tiers-payant suscite de vives inquiétudes : l’ANEMF n’acceptera pas que la gestion prennent le pas sur le soin. Plus largement, les réformes doivent s’attacher à déconstruire les barrières de l’isolement, de l’encombrement administratif et du cloisonnement des professionnels qui cassent l’attractivité de l’exercice de ville.

La loi de santé suscite des attentes fortes chez les futurs professionnels. Mobilisés et inquiets pour leur avenir, ils demandent à être fortement associés aux concertations qui s’ouvriront dans les prochaines semaines. L’ANEMF n’acceptera pas que le système de santé de demain soit bâti sans considération pour les attentes de ceux qui en seront les acteurs.

Pour l’ANEMF, Sébastien FOUCHER, Président

Contact presse :

Sébastien FOUCHER, Président de l’ANEMF,
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François-Antoine CASCIANI, Vice-Président en charge des Problématiques Professionnelles de l’ANEMF,
06 74 83 85 16,
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