Paris, le 04/02/2015

En début de semaine, une polémique a éclaté autour d’un carnet de stage retrouvé sur le site internet de la faculté de médecine de Lyon-Sud. Sur ce livret, la mention « Toucher vaginal sous anesthésie générale » a suscité de vives réactions, laissant à penser que les étudiants en médecine pratiqueraient sans vergogne des touchers vaginaux à des patientes endormies, sans obtenir leur consentement et en dehors de tout soin.

 

S’il est ici question d’actes pratiqués sans consentement du patient, et hors de tout cadre de soin, les étudiants en médecine répondent d’une seule voix : nous ne l’admettons pas, nous ne le cautionnons pas.  Cette pratique, très marginale, n’a pas sa place dans nos hôpitaux. Si, par contre, cette polémique porte en elle une remise en cause des fondements de l’enseignement clinique, nous la dénonçons. L’activité pratique des étudiants en médecine est fondamentale : elle est au cœur de leur démarche de formation. Pratiquée dans un cadre qui respecte scrupuleusement les règles de déontologie et les parcours de soins, elle ne doit jamais être remise en question. Ceux qui s’aventureraient sur ce terrain doivent être certains d’une chose : appauvrir l’enseignement clinique, c’est appauvrir la médecine.

 

L’ANEMF interpelle ses ministères de tutelle de façon régulière sur l’urgence d’agir pour la formation médicale. Lancés dans des services hospitaliers sans aucun cadre pédagogique et abandonnés à des situations humaines parfois très dures,  les étudiants en médecine constatent chaque jour les conséquences d’un apprentissage centré sur la seule pratique hospitalière. En délaissant les outils de simulation et en organisant la mise en retrait systématique de la faculté sur la formation clinique, les tutelles ont laissé s’installer une situation préoccupante. Pourtant, les solutions existent : l’utilisation des mannequins, des consultations simulées ou encore des logiciels informatiques permettrait de désacraliser les situations réelles et d’anticiper l’arrivée à l’hôpital. Sur ce sujet, l’inertie des ministères est  incompréhensible : qui peut prétendre opérer un virage vers l’ambulatoire sans se préoccuper de la formation clinique des praticiens qui y exerceront ?

 

Alors que l’évolution de la pratique médicale est indéniable, et alors que la loi de santé en examen propose de mettre le patient au cœur du système de santé, les étudiants en médecine restent enfermés dans un modèle d’apprentissage sur le tas. Quelle place est aujourd’hui donnée aux modules d’enseignement autour de la relation médecin-patient ? Aucune. Quelle place est accordée à la réflexion collective autour des notions de déontologie et de responsabilité médicale ? Aucune, là encore. Les conséquences de cette carence sont lourdes : les étudiants en médecine, mal armés pour réagir face à des situations humaines parfois pesantes, redoutent leur exercice futur. Parce que la relation médecin-patient est une composante fondamentale du soin, les étudiants en médecine attendent de leurs ministères de tutelle qu’ils agissent à la hauteur de leurs paroles. Les futurs médecins n’accepteront pas plus longtemps d’être les laissés pour compte d’un système de formation sans cesse sous tension.

 

Conscients de leur responsabilité et mobilisés pour leur avenir, les étudiants en médecine attendent de leurs tutelles des réponses concrètes sur toutes les questions qui touchent à leur formation. En abandonnant la responsabilité de former au seul hôpital public, les décideurs successifs ont organisé les carences de la formation médicale. Au-delà d’une polémique dont on ne peut que partager les motifs, les sujets de préoccupations sont grands. L’ANEMF appelle l’ensemble des acteurs à s’unir autour de réformes ambitieuses pour la formation médicale.

Pour l’ANEMF, Sébastien FOUCHER, Président

Contact presse :

Sébastien FOUCHER, Président de l’ANEMF,
06 50 38 64 94,
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Rodolphe PELLET, Vice-Président en charge des Etudes Médicales de l’ANEMF,
06 27 91 25 95,
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.


Réaction suite à la polémique sur les touchers vaginaux