Le 4 février dernier, la Fédération Hospitalière Privée (FHP) avait menacé de suspendre l’accueil des étudiants en soins infirmiers (ESI) en stage pour une durée indéterminée, dans le but d’appuyer certaines de leurs revendications émises au ministère des Affaires Sociales et de la Santé.

La FHP dénonce une marginalisation du secteur hospitalier privé, et demande aux pouvoirs publics :

  • L’absence totale de récupération du CICE (Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi) dans leurs tarifs dans le cadre de la campagne tarifaire 2014.
  • La neutralisation de la dégressivité tarifaire, nouvelle mesure diminuant les tarifs en fonction du volume d’activité des établissements de santé.
  • La mise en place d’un service public de santé territorialisé et d’un service public hospitalier où tous les acteurs seraient à égalité de traitement, pour que le service public ne soit pas réservé aux seuls établissements à statut public.

Dénonçant le fait d’être injustement utilisés comme monnaie d’échange, les étudiants en soins infirmiers ont commencé à se mobiliser. Cependant, le couperet est tombé : la FHP, insatisfaite des mesures mises en place par le ministère, a mis en application hier (1er mars) le boycott des ESI en stage.

Incompréhension, injustice, … Voilà ce que ressentent les 7000 étudiants qui seront concernés en mars par cette mesure. Dans un communiqué de presse, Marisol Touraine, ministre des Affaires Sociales et de la Santé, a tenté de les rassurer en se saisissant de la problématique. Les Agences régionales de Santé (ARS) ont donc été sollicitées afin de mettre en place des solutions au plus vite pour permettre aux étudiants de trouver un terrain de stage.

Le bilan n’est cependant pas positif : les établissements publics vont devoir prendre en charge ces étudiants délaissés, et non sans conséquences. Le principal risque est de surcharger les terrains de stage, privant les étudiants d’un encadrement adapté et de la pédagogie en stage nécessaire à leur formation. Aussi, ces établissements ne sont pas en mesure d’absorber la totalité des stages manquants. Près de 15% des ESI n’ont donc, à ce jour, pas pu être réorientés sur un autre stage, mettant en péril l’obtention de leur diplôme. Tant de conséquences délétères, pour les étudiants sur le plan pédagogique, mais également pour les patients qui souffriront d’un accès aux soins plus restreint provoqué par ce retard à l’obtention des diplômes.

Face à cette situation ressentie comme une prise en otage, les étudiants en soins infirmiers sont prêts à se mobiliser fortement. Ainsi, le 4 mars, la Fédération Nationale des Étudiants en Soins Infirmiers (FNESI) appellera les étudiants à se mobiliser dans leur région pour dénoncer cette situation et défendre les droits des ESI. Si leurs revendications ne sont pas entendues, une manifestation nationale sera alors organisée le 13 mars à Paris.

Plus d’informations sur le site de la FNESI.