Le 2 mars dernier était annoncée la mort de Claude Dany, 76 ans, premier patient à jamais avoir bénéficié d’une implantation de cœur artificiel. Jusque là conservée anonyme pour le grand public, l’identité de Claude Dany a été révélée à son décès 74 jours après l’implantation de ce nouveau type de prothèse.

Cette prothèse, dont nous avions déjà parlé dans un précédent article, consistait en un cœur artificiel électronique recouvert de péricarde de bœuf immunologiquement inoffensif à la manière des valves cardiaques utilisées en chirurgie actuellement. Ce cœur utilise des moteurs alimentés par électricité pour fonctionner, et permet une régulation de son activité en fonction de la situation (effort, stress, …) à la manière d’un cœur humain.

L’implantation de ce matériel, qui rentrait dans le cadre d’un essai clinique visant à étudier les bénéfices et les risques de cette technologie, devait être la première d’une série de plusieurs pratiquées sur des patients gravement malades et, par exemple, ne pouvant accéder à une greffe de cœur à partir d’un donneur comme il peut s’en pratiquer aujourd’hui.

Suite au décès de Claude Dany, les opérations (3 au total) qui étaient prévues par la suite ont été annulées tandis que le recrutement de nouveaux sujets, lui, continue. L’étude des causes de ce décès devrait cependant permettre à plus ou moins long terme la reprise de l’essai clinique.

De l’aveu même du Professeur Carpentier, concepteur de cette technologie : «  Il y a eu un court-circuit . Cela a entraîné un arrêt cardiaque identique à celui que peut présenter un coeur naturel pathologique. Nous cherchons à comprendre d’où vient ce problème électronique et pourquoi. On ne connaît pas encore les causes exactes du décès, a poursuivi le Pr Carpentier. Mais certaines ont déjà été écartées et c’est le plus important à mes yeux : la mort n’est pas liée à une complication du malade, ni au principe fondamental de cette prothèse qu’est l’emploi de matériaux biocompatibles pour limiter la formation de caillots et le risque de thrombose » (propos recueillis par le Journal Du Dimanche).

Cependant, comme le souligne le Professeur Duveau, chirurgien ayant participé à l’opération de Claude Dany, il ne s’agit pas d’une dysfonction pure et simple de la prothèse : «  Pendant deux heures, à chaque arrêt du dispositif, la machine faisait tout ce qu’elle pouvait pour faire repartir la pompe. » (propos rapportés par le Figaro Santé).

Les causes de ce décès et de l’éventuel dysfonctionnement du cœur artificiel restent donc encore à découvrir, et nous ne manquerons pas de vous tenir informés.