Une des spécificités de nos études réside dans la rencontre entre une charge de travail universitaire importante et une implication concrète dans un système de soins en difficulté croissante. Ce double statut d’étudiantes ou étudiants, et d’agentes ou agents de la fonction publique hospitalière, augmente considérablement les facteurs de risques psychosociaux auxquels nous sommes exposés.
En effet, selon l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS), il existe six facteurs de risques psychosociaux au travail, que les étudiants et étudiantes en médecine cumulent, parfois en totalité :
Intensité et temps de travail
Exigence émotionnelle
Manque d’autonomie : sentiment d’être utilisé, de n’être qu’un pion…
Rapports sociaux au travail dégradés : mépris des supérieurs hiérarchiques, situations de violences par rapport d’autorité…
Conflits de valeur : dissonance cognitive entre la vocation de soigner et les contraintes d’un système de santé affaibli.
Insécurité de la situation de travail : violences, instabilité des études qui sont transformées par des réformes très régulièrement, abandon du système de santé par l’Etat…
Plusieurs fois au cours de la dernière décennie, l’ANEMF, aux côtés de l’ISNI et de l’ISNAR-IMG, s’est penchée sur l’état de santé mentale des étudiantes et étudiants en médecine. Voici quelques chiffres tirés des Enquêtes Santé Mentale 2017, 2021 et 2024 :
Pour l’anxiété et la dépression, ces chiffres se basent sur le score HAD, composé de 14 items cotés de 0 à 3, dont 7 évaluent la dimension anxieuse et 7 la dimension dépressive. Un score compris entre 0 et 7 traduit une absence de symptomatologie, un score entre 8 et 10 une symptomatologie douteuse et un score à 11 ou plus une symptomatologie certaine.
Pour le burn-out, les chiffres se basent :